Votre navigateur ne supporte pas les fichiers SVG !

Articles

Interview : Culture et santé en région

 

Interview de Aurélia Vesperini, chargée de mission régionale, culture et santé.

 

ORS: Qui êtes-vous? Quelles sont vos missions? Qui vous missionne?

Cette mission s’inscrit dans le protocole interministériel « Culture-Santé » porté par le ministère de la santé et le ministère de la culture depuis de nombreuses années.
Elle vise à une meilleure prise en compte de l’accès à l’art et à la culture au sein des établissements de santé et médico-sociaux.
La culture, vecteur de valorisation personnelle, professionnelle et sociale, est ainsi considérée comme une contribution à la place accordée à l’usager dans la politique de santé.
Je suis chargée d’accompagner ce programme, auprès des établissements de santé et médico-sociaux qui est décliné en région Centre-Val de Loire par un partenariat entre l’Agence régionale de la santé et la Direction régionale des affaires culturelles.
Mon rôle vise prioritairement à soutenir d’une part, l’émergence ou la consolidation d’une politique culturelle dans les établissements inscrite au cœur de leur projet et d’autre part à faciliter l’accès à l’offre culturelle du territoire privilégiant la qualité artistique et le parcours professionnel.
Pour l’heure, mon travail consiste à prendre attache auprès des professionnels, à mesurer les besoins, recueillir les expériences et questionnements pour soutenir des initiatives et structurer des cadres clairs et cohérents qui, je l’espère, seront le garant d’une réussite partagée.
La prise en compte des personnes les plus fragilisées par des contextes sanitaires, ou de handicap engage à une mobilisation, une attention forte et singulière.



ORS : Peut-on considérer la dimension "Culture" comme un déterminant de la santé ?

Incontestablement. La difficulté aujourd’hui, réside encore sur la vision d’une société trop tournée sur le rapport curatif et encore peu sur le facteur environnemental. C’est le cadre de vie, le contexte social et le partage de l’espace qui détermine l’état d’être, son inscription au monde et de ce fait son maintien et son équilibre.Je dirai même son principe d’existence. La culture, la pratique artistique, la rencontre avec des auteurs, créateurs nous amènent à réfléchir, se construire, être émus ou même être en désaccord mais c’est ce qui fonde notre identité et de ce fait ce que l’on est en mesure de partager et connaître des autres.
Sans oublier l’idée même que l’on se fait d’une société inclusive, je pense au handicap et à la perte d’autonomie.
Elle contribue naturellement de manière générale au bien être ou mieux être dans des périodes difficiles due à la maladie, les problématiques de dépression ou d’addictologie.


 

ORS : En quoi l'intégration d'indicateurs dans ce champ dans les diagnostics locaux de santé serait un atout en amont de la réalisation des futurs Contrats locaux de santé ?

Pour favoriser l’état de santé, il faut réduire les inégalités sociales, c’est un fait admis.
La qualité des liens sociaux et le partage de l’espace social sont cruciaux et déterminants pour l’équilibre d’un territoire.
Or la culture, au même titre que l’éducation est un vecteur fort qui appelle à une prise en compte du développement culturel et une meilleure coordination des politiques publiques pour l’accès de tous à l’art et la culture.
Jusqu'à présent, elle n’a pas été suffisamment prise en compte. Or le diagnostic façonne le cadre du contrat, si aucun acteur n’a été référencé, ou invité à se saisir de ces valeurs partagées, si les pouvoirs publics n’ont pas été sensibilisés en amont, il est bien plus difficile de constituer des principes d’accessibilité culturelle (rencontre et ouverture des structures culturelles, résidence d’artiste, portage de livre, pratique artistiques, musicales, projets entre professionnels de la culture et professionnels de santé...).
Il faut donc définir une approche plus globale sur un territoire pour mesurer et mieux prendre en compte les acteurs participant de cette démarche.
Il faut susciter l’intérêt et la mobilisation des collectivités locales sur l’impact de la culture et ouvrir ou constituer de nouveaux réseaux.
De plus, j’ajouterai que la culture est un support d’attractivité qui est indéniable (favorisant l’installation, l’économie, le développement local).

 

Contact | Mentions légales | Plan du site

Code HTML5 Valide! CSS Valide!